Chrétien de Troyes et la légende du roi Arthur.

Le 14 mars dernier s’ouvrant à la Médiathèque de Troyes, chef-lieu du département de la l’Aube, situé en Champagne-Ardenne, la troisième exposition sur le mythe arthurien venant ainsi clore le cycle d’expositions débuté aux Champs Libres de Rennes 3 ans plus tôt.

En tant qu’amatrice de ces cycles, je me devais de m’y rendre, autant que pour les expositions précédentes, d’abord à Rennes Le roi Arthur, une légende en devenir lancée en 2008 (sur laquelle j’avais un article : http://argaelle.wordpress.com/2008/12/30/une-legende-en-devenir/), puis Le Roi Arthur à la BnF en 2009, et enfin, à Troyes en 2011. Initialement, l’exposition, Chrétien de Troyes et le roi Arthur, devait avoir lieu en juillet 2010, mais un incendie ayant ravagé la médiathèque de Troyes a repoussé le projet à plus tard. Et après quelques mois d’attente, elle a finalement ouvert ses portes le 14 mars, dans la Grande Salle de la médiathèque, et y restera jusqu’au 30 juin prochain. Nous pouvons remercier la commissaire de cette exposition, Madame Danielle Quéruel, professeur de Littérature Médiévale à l’Université de Reims, et fondatrice d’un master pour l’Université de Troyes avec qui elle collabore depuis 15 ans.

Ne m’étant jamais rendue à Troyes, que l’on m’avait décrite comme une ville médiévale, j’ai pris le loisir de prendre quelques photos lors de mon passage éclair, sur une journée. On peut en effet admirer dans tout le centre ville, des maisons à colombages, de la fin du Moyen-Age à la Renaissance, qui sont restaurées par la municipalité qui tient -à raison- à valoriser ce patrimoine.

La raison de ce déplacement était bien-sûr la visite de la dernière exposition sur le cycle arthurien, premier cycle d’exposition aussi important sur ce mythe collectif si connu, tant étudié, et qui méritait qu’on le mette en lumière une fois encore, sur divers sites. Mais l’exposition ne pouvait être le seul motif de mon déplacement sur une journée. En vérité, autour de cette exposition se sont ouvert des colloques sur 3 journées, les 24, 25, et 26 mars 2011, sur les mémoires arthuriennes. Ayant manqué en 2009, Michel Pastoureau et Alison Stones à la BnF, je ne pouvais pas manquer ces journées. En particulier, la venue de Madame Alison Stones, professeur d’Histoire de l’Art et Architecture à l’Université de Pittsburgh aux Etats-Unis et spécialiste des manuscrits enluminés de la période médiévale. Et si je ne pouvais manquer son intervention le 24 mars à Troyes, c’est pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce-que cette grande spécialiste a collaboré sur le très fourni catalogue de l’exposition Le Roi Arthur à la BnF, dirigé par Thierry Delcourt (Directeur du Département des Manuscrits à la BnF). Ensuite, parce-que cette grande professeur a reçu un mail tardif de ma personne l’an passé pour mon mémoire, et a eu l’immense gentillesse de m’éclairer de ses lumières. Et pour ces deux raisons, Madame Stones a toute mon admiration, admiration qui a grandement joué pour mon déplacement à cette date précise, plutôt qu’aux deux autres dates proposées.

J’ai donc réussi à m’arranger pour prendre ma journée, et me suis levée bien tôt pour pouvoir arriver à l’heure au colloque, et ensuite filer visiter l’exposition. Après avoir trouvé le lieu du colloque, grâce aux indications des gentils troyens, je me suis retrouvée dans l’auditorium du Musée Des Beaux-Arts de Troyes, entourée de professeurs, et spécialistes de la question arthurienne, et je me suis sentie bien seule. Que faisais-je, moi, pauvre petite étudiante diplômée en Histoire de l’Art, au milieu de personnes beaucoup plus qualifiées et cultivées que moi? Rien, mais j’étais là, et je ne disais rien. Je regardais avec fascination ces gens, dont j’aimerai faire partie un jour. Et puis, au premier rang, je remarque une dame aux cheveux courts et gris, qui semble vouloir se faire discrète, comme moi. On vient lui parler, elle acquiesce, et semble vouloir “lâcher prise”. Danielle Quéruel, qui fait des allers-retours, propose de commencer le colloque qui a un timing serré, et remercie le maire de la ville, ainsi que d’autres personnes dont j’ai oublié le nom, mais des gens importants pour Troyes et communauté arthurienne. Et puis, la dame aux cheveux courts prend place derrière une petite table où son mac est installé, lorsqu’on prononce son nom. Très humblement. C’est elle. Alison Stones. Et là, pendant 2 secondes et demi, je me maudis de ne pas avoir osé descendre pour lui dire juste ce mot “merci”. Elle commence à parler avec son accent américain, évoque le personnage de Lancelot dans le Lancelot-Graal, avec un débit de parole soutenu, mais je suis fascinée. L’heure s’écoule trop vite, je voudrai qu’on laisse Alison Stones parler davantage. Elle est passionnée, animée par ce qu’elle évoque, et puis surtout, je me rends compte à quel point les anglais et les américains sont en avance pour ces recherches, contrairement à nous en France, comme le disait ma directrice de recherche l’an passé, Cécile Voyer.

Une autre personne s’avance pour commencer son discours, j’ai à peine le temps de filer pour retrouver dehors le soleil qui m’aveugle presque. Wow! Alison Stones, c’est une grande dame, et je me rends compte à quel point j’ai eu de la chance qu’elle réponde à mon mail quelques mois plus tôt. D’un pas rapide, je me dirige vers la médiathèque, à quelques rues de là. Je la trouve facilement, c’est un grand bâtiment tout neuf, avec de grandes verrières. A l’entrée, j’identifie vite le lieu où se trouve l’exposition, et m’y dirige. Une table ronde m’accueille, un peu comme celle projetée à Rennes, sauf que celle-ci présente les armoiries des chevaliers principaux de la Table Ronde.

Des livres réécrivant ou racontant la légende sont accessibles pour le jeune public. Derrière cette Table Ronde, une épée fichée dans le roc, presque la même qu’à Rennes. On reste dans la continuité des expositions précédentes, et cela me plaît. Ensuite, la Grande Salle, le lieu de l’exposition. Une salle où tous les manuscrits anciens sont conservées, elle est un peu le coeur de la médiathèque.

Au centre de la salle, un parcours doté de grands panneaux présente la légende au visiteur et montre des objets, manuscrits de la période médiévale, prêtés par la BnF ou par la ville. A l’entrée, une carte appelle les lieux où se situe la légende ainsi que la datation historique supposée d’Arthur, posant l’éternelle question, Arthur a-t-il existé? On sent le lien avec l’exposition de la BnF. Mais très vite, il laisse place au héros de la ville, Chrétien de Troyes, considéré comme l’un des fondateurs du roman et ayant marqué très fortement de son empreinte la littérature médiévale. C’est d’ailleurs grâce aux romans de Chrétien que la légende arthurienne a connu au XIIe siècle une renommée sans précédant qui depuis, ne s’est jamais éteinte. L’exposition propose de remonter aux sources de la légende et d’observer, à travers les époques, le succès ou non de ces légendes, jusqu’à aujourd’hui, et ce, à travers 76 pièces exposées.

Au milieu de ces pièces, j’y ai vu le frère de l’un des ouvrages sur lesquels j’ai travaillé l’an dernier, un petit moment d’émotion pour ma part. Personnellement, j’ai trouvé que cette exposition, proposée dans la Médiathèque de Troyes, s’adressait avant tout au jeune public, car les panneaux étaient clairs, il y avait peu de texte à lire. Elle est une invitation à faire découvrir aux nouvelles générations, ces légendes merveilleuses, et d’évoquer celui qui s’est marqué du nom de la ville, et qui a tant fait pour la littérature médiévale, Chrétien de Troyes. Donc, à mon sens, cette exposition s’adresse à moitié aux personnes plus averties, sauf si vous vous rendez aux colloques, dont le programme était très riche. De même, avec le catalogue de l’exposition, une publication spéciale de La Vie En Champagne, donnait la voie aux spécialistes de la question arthurienne à propos de cette exposition. Je me suis d’ailleurs procuré ces deux ouvrages pour ma culture arthurienne personnelle.

Je recommande à tout un chacun de visiter cette exposition mettant en lumière un grand nom de la Littérature médiévale et française, de plus, le centre-ville vaut également le déplacement. De plus, l’exposition est gratuite pour tous, et de nombreuses festivités auront lieu au moins de juin (me semble-t-il) autour du thème arthurien, ainsi, très certainement que de nouvelles interventions de Danielle Quéruel. Je tiens à remercier Madame Cécile Navarra, Responsable de la Médiathèque de Troyes, pour sa gentillesse lors de nombreux échanges de courriels au sujet de l’exposition.

Si vous souhaitez vous rendre sur place, voici quelques informations utiles :

Exposition Chrétien de Troyes et la légende du roi Arthur

Médiathèque du Grand Troyes
Boulevard Gambetta à Troyes

Ouverture du lundi et jeudi de 12h à 19h et les mardi, mercredi, vendredi et samedi de 9h30 à 19h.
Ouverture les dimanches 10 avril, 29 mai et 12 juin de 14h à 18h.
Entrée libre.
Tél : 03 25 43 71 20
contactmgt@grand-troyes.fr

http://www.info-histoire.com/expositions/142/exposition-chretien-de-troyes-et-la-legende-du-roi-arthur/

Bonne soirée à vous.

Argaelle.

2 Commentaires

Classé dans Expositions

2 réponses à Chrétien de Troyes et la légende du roi Arthur.

  1. En tout cas, bien bel article pour faire vivre cet expo à ceux qui ne l’ont pas vue !

    Ce qui me chagrine un peu, c’est que ces très bonnes expositions sur Arthur ne restent cantonnées dans des villes en rapport direct avec le mythe (Rennes, Troyes), ou dans un centre à rayonnement européen (BnF). Arthur étant universel, il serait peut être intéressant de faire tourner cette expo dans d’autres villes. Mais ce n’est que mon avis ^^

  2. Je crois que c’est le cas pour l’expo de Troyes mon ange, mais je ne suis plus très sûre. Il faudrait que je cherche sur le site de la BnF si elles ont voyagé ou non.
    En tout cas, il est certain que le Centre de L’Imaginaire Arthurien a fait voyagé sa dernière exposition sur Lanval, puisqu’il y avait un partenariat avec l’Exeter.
    Ton commentaire là dessus est très pertinent en tout cas. Merci mon ange.

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